Parcours de sculptures à Fougères

Une journée de septembre avec Philippe Hardy à Fougères, ce sont quelques heures de déambulation en compagnie d’un passionné d’art contemporain et d’amis curieux de sculptures. Une montée depuis le château offre un point de vue clair et vaste sur le paysage environnant.

Les premières oeuvres qui apparaissent sont celles de Philippe Desloubières, Vincent Mauger et Vincent Barré. Philippe Hardy, commissaire de « Place aux Arts » a organisé et réuni ces trois artistes pour l’exposition de l’été 2020 dans les jardins de la ville haute.

« L’esprit de cette exposition est de montrer ce qui se passe actuellement dans la sculpture contemporaine, et quel est le rôle des artistes dans cette réflexion »Philippe Hardy

Philippe Desloubières a installé ses grandes formes en métal rouge brillant, présences douces au monde végétal du Parc.

« Mes sculptures jonglent entre un univers artificiel, semblant issues du monde de la bande dessinée à un rapport au monde plus existentiel.
Elles touchent à l’identité, à l’espèce, au genre dans ce qu’ils ont de commun et de différent.

La forme naît d’abord sur le papier en deux dimensions de façon spontanée et intuitive, le volume ne prend corps qu’au moment de la fabrication et de l’élaboration de la sculpture.

La ligne courbe reste une des constantes dans l’évolution des formes, elle devient une sorte de fil souple mais tendu qui affirme des pleins, des vides mais aussi des frontières ondulées rompant l’espace.

Chaque sculpture est crée à la suite de l’autre, la réalisation de la première engage la forme de la suivante, comme des arrêts sur image dans l’ensemble d’un développement ».

Vincent Barré né en 1948 Anneau cannelé dedans, Anneau cannelé dehors (2009), Fonte d’aluminium – Colonne aluminium 3-4, (2010)- Couronne d’eau, Bronze à modèle perdu,( 2020)

« Une couronne d’eau en bronze est installée au centre du bassin classique. Forme légère, en arabesque, construite à partir des branches d’un figuier fondues en bronze. Le choix de cette essence, présentent dans la statuaire et la peinture classique et antique donne à l’œuvre un caractère à la fois sylvestre et sensuel. »

Vincent Mauger, né en 1976 est originaire de Fougères. Il a grandi tout près du jardin public et a été formé à l’école municipale d’arts plastiques de Fougères, où il a d’ailleurs exposé pour la première fois lorsqu’il avait vingt ans.

Vincent Mauger présente quatre œuvres, dont une « accrochée » aux remparts ouest du château et qui fait écho à celle présentée devant le kiosque à musique.

Il réalise de véritables jeux de construction (ici des caissettes en plastique) des morceaux de paysage en métal, en pierre, ou en plastique, qu’il mixe à des techniques d’imagerie virtuelle, avec des lignes géométriques, mathématiques.

« Ce qui m’intéresse c’est le rapport au dessin, explique Vincent Mauger le fait de tracer ces lignes sur le volume ça créé comme un dessin sur son pourtour, comme une modélisation, comme si on avait recouvert l’objet d’une sorte de maillage, un peu comme les maillages qu’on utilise en 3D sur une forme virtuelle. C’est un jeu à partir d’un objet réel. En même temps il y a le côté technique, technologique du maillage et ça renvoie aussi à des formes plus ancestrales de gravure directe sur pierre ».

Puis le groupe a poursuivi sa balade dans les rues de Fougères…

….pour se rendre rue des Trois -Marchands tout près des Urbanistes. Le sculpteur Marc Didou a répondu à une commande de la Ville en 2017 pour évoquer l’amour de Juliette Drouet et de Victor Hugo: « Ici mille baisers, Juliette Drouet »; la figure de l’actrice et femme de lettres apparaît par anamorphose sur l’étendard d’une plume plongée dans un encrier. Née en 1806, Juliette Drouet avait l’habitude d’achever ses nombreuses lettres à son illustre amant par ses quelques mots.

Dans le quartier des Cotterets, c’est le « Double banc public »(2019) de Lilian Bourgeat qui étonnera les Amis tout autant que les habitants de ce quartier de Fougères.

Pour l’artiste, l’espace public est le meilleur endroit pour l’art et ses objets au format de gigantesque. « Ce banc nécessite un effort pour s’asseoir. Mais il permet surtout de prendre de la hauteur de voir le quartier différemment. Il était dans l’écrin du Jardin public jusqu’à l’exposition 2020. Il a trouvé sa place ici et il va souffrir des épreuves, il va y avoir des tags, des inscriptions, il va vivre ».

Corinne Cossé-le Grand 

Instagram @amisdumuseejardinmanoli

Après midi d’atelier au musée avec Marine Bouilloud – juillet 2020

Marine Bouilloud présentant la maquette de son projet de fresque pour le musée Manoli.

11, 16 22 ou 24 juillet, quatre journées au choix avec une artiste, c’est la chance d’être assistant(e) durant quelques heures !

Une belle occasion de rentrer dans le processus créatif de Marine Bouilloud qui a construit ses journées sur l’élaboration d’une fresque collective pour le musée jardin Pierre Manoli. Chaque participant réalise un carton de 40 x 40 cm sur carton entoilé et l’ensemble des 36 supports réunis formera une fresque pour une exposition à l’automne.

L’artiste recherche l’illusion de mouvement à la manière de l’Op’art en travaillant à plat le motif et l’expérience colorée, invitant l’œil et le cerveau à composer, décomposer l’ensemble perçu.

L’exposition de l’œuvre de Bridget Riley en 2008 au Musée d’art moderne de la ville de Paris a été un des déclencheurs de l’évolution de Marine Bouilloud vers l’abstraction jubilatoire et colorée. L’artiste britannique née en 1931, crée des compositions dynamiques et des effets visuels grâce à une géométrie détaillée et des arrangements de couleurs soignées.

Bridget Riley, Rajasthan, 2012, Hayward Gallery, Londres

A partir d’un motif simple et de la couleur, Marine Bouilloud va jouer sur la notion d’espace, de volume en lien avec la commande qui lui est faite pour composer un ensemble.

L’artiste travaille de manière très artisanale avec un rapport au temps essentiel. La peinture est un temps long et méditatif qui est essentiel dans son processus de création. Sur certains projets, elle se fait accompagner par des assistants mais elle a toujours besoin de passer par le rapport physique à la peinture.

Un des motifs de la fresque

C’est à ce jeu d’art cinétique de la couleur que Marine Bouilloud nous invite dans l’atelier improvisé du musée-jardin Pierre Manoli. Elle présente la maquette de la fresque à ses stagiaires ainsi que le programme de l’après midi. Sur chaque carton entoilé des motifs ont été préparés au crayon jaune. Ils seront emplis de couleur pour un véritable exercice de minutie méditative et de dialogue avec l’artiste.

Le rouge est la dominante couleur sélectionnée pour la fresque.

La couleur rouge proche de la terre, de la nature viendra rejoindre la densité des matériaux utilisés par Pierre Manoli: la céramique, le fer, la pierre et le granit.

Une journée d’immersion surprenante dans le processus d’une artiste en pratiquant ce que sont ses exigences et points d’attention.

Corinne Cossé-le Grand

Musée Jardin Pierre Manoli – Détails et inscriptions:

http://www.manoli.org/index.php?langue=fr&rub=visites-et-activites&srub=individuels&ssrub=

En attendant …#1

Chers Amis du Musée-Jardin Pierre Manoli,

Nous dépasserons bientôt les cinq semaines de confinement imposé par cette pandémie du Covid 19 dont nous ne verrons le début de sortie qu’à partir du 11 mai ! Nous espérons que chacun d’entre vous s’est préservé et que vos proches ont échappé à ce méchant virus.

Notre cher musée est fermé depuis le 15 mars dès le lendemain (!) du vernissage de l’exposition « MOUVEMENT » qui permet un regard différent sur les sculptures cinétiques (restaurées) et les mobiles et présente dans la chapelle une vidéo qui replace Manoli, l’homme, le sculpteur, à l’intérieur de son œuvre. Dès la réouverture du musée – après le 11 mai bien entendu – vous aurez tout loisir de visiter cette nouvelle présentation, l’exposition de Nathalie Cohen étant repoussée à une date ultérieure.

Les sorties que nous avions prévues à Rennes : Frac et 40m3 le 26 avril puis Street-Art le 14juin sont évidemment, hélas, annulées. Nous maintenons pour le moment Cholet les 26 et 27 septembre. 

Notre Assemblée Générale prévue le 27 juin est annulée et repoussée à une date ultérieure.

Cependant notre activité demeure et nous pensons, avant la fin de l’année, pouvoir vous délivrer des reçus fiscaux qui permettront à nos membres bienfaiteurs, ceux qui règlent au-dessus de la cotisation de base, de bénéficier de réductions fiscales.

A ce propos, pensez à renouveler votre adhésion en cliquant sur le rectangle vert.

Votre soutien est important ! Tout d’abord pour le projet d’achat d’une céramique de Pierre Manoli (photo ci dessous) d’une valeur de 1 500 € que l’association espère pouvoir offrir au musée pour compléter sa collection et aussi pour soutenir les capacités du musée particulièrement affectées par cette fermeture imprévue. 

Le travail de collecte, pour améliorer la connaissance de l’œuvre de Manoli, continue pendant le confinement. Si vous possédez des sculptures : merci de les photographier et de faire parvenir l’épreuve au musée. Si vous avez connu Pierre Manoli, dites-le-nous, nous récolterons votre témoignage ; la moindre anecdote est importante !

Nous vous quittons sur une note optimiste en vous invitant à rester attentifs aux commandements du confiné. Prenez soin de vous et préservez les autres !

Bien amicalement

René Moncomble

Sur les pas de Mathurin Méheut et Yvonne Jean Haffen.

Une journée, de Dinan à Lamballe, à la découverte de ces 2 artistes.

Et d’abord pour profiter de l’exposition «  Je vous le dessine par la Poste » consacrée aux lettres de Mathurin Méheut à son amie Yvonne Jean Haffen, la quinzaine de membres du groupe dut « escalader » non sans peine l’escalier de la Grande Vigne qui surplombe la Rance pour atteindre la demeure et aussi l’atelier d’ Yvonne.

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                             La montée vers la Grande Vigne © R.Boudet

Sous la conduite experte de Denise Delouche la visite a permis de découvrir quelques unes des 1 400 lettres, fruits de la correspondance envoyée par Mathurin Méheut entre 1926 et 1954 soit quatre ans avant la mort du peintre. Contrairement à ce que l’on pouvait penser, ce ne sont pas ou très peu de lettres illustrées, mais plutôt de superbes dessins rehaussés à la gouache qui vont permettre dans les espaces laissés libres, l’écriture d’une correspondance relative à ses états d’âme, sa santé, de la suite de son travail, et même de souvenirs plus intimes tout au long de ces années. En  quelques traits rapides coloriés avec les trois couleurs primaires il fourni là quelques instantanés de son existence loin d’elle que ce soit au Japon, à New York ou dans le midi de la France, comme depuis le jardin du banquier et mécène Albert Khan son ami. Les nombreuses salles proposées à la visite conduisent jusqu’au cabinet de toilette et à la chambre d’Yvonne Jean Haffen encore meublée et fourmillant d’objets personnels. Méheut qui avait fait la guerre de 14/18 n’est plus mobilisable pour la seconde guerre mondiale. Il va par ses illustrations de l’Exode ou de Dinan occupée, témoigner de l’atmosphère de l’occupation sous les drapeaux à la croix gammée. Nos remerciements à Denise Delouche pour nous avoir fait revivre avec force détails et anecdotes les épisodes de la vie de ces deux artistes à l’œuvre et à la vie si intimement mêlées. Une magnifique exposition découverte sous un beau soleil d’automne.

Mes coups de coeur : Ce homard bleu qui illustre une lettre du 3 décembre 1927…et aussi le printemps à Kyoto…

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Et maintenant direction Lamballe pour la Maison du Bourreau situé en plein centre ville.

Superbe bâtisse du 15 eme siècle, entièrement dédiéé à Mathurin Méheut ( 1882/ 1958).

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Mathurin Méheut © R.Boudet

Cette saison, une exposition consacrée à « la forêt » avec de nombreuses planches naturalistes réalisées à Barbizon ou en forêt de Fontainebleau. Là c’est son talent d’illustrateur qui est mis en exergue. Des reproductions fidèles de la flore et la faune digne d’un herbier, mais aussi des sous bois et des paysages sylvestres  sont exposés. Seulement 2 salles ouvertes à la visite pour une exposition au thème un peu réducteur de l’œuvre de Méheut . On aurait aimé voir, ou apercevoir d’autres facettes de l’artiste. Le céramiste, le sculpteur, ses dessins de la grande guerre dans les tranchés, les pardons bretons colorés, croqués avec un minimum de traits.

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            Mais aussi les différents métiers de la mer, marins ou femmes de marins…  Mais le thème de la forêt et l’espace réservé aux éléments  présentés ne permettait sans doute pas d’en voir d’avantage…L’exposition de Dinan comblant pour une part le manque constaté à Lamballe.

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Les Amis aux « Cocottes papotent » © R.Boudet

Une petite frustration compensée par une découverte : « les cocottes papotent », un restaurant proche de la Maison du Bourreau qui a recueilli l’unanimité des suffrages pour la qualité de sa cuisine et de son accueil….

Raymond Boudet

MARINETTE CUECO – Hors des sentiers, des traces légères sur des ardoises.

Ardoise et fils de végétaux – Galerie des petits carreaux, St Briac

« Mon jardin autour de la maison se constitue au long des saisons et des années pour répondre à mes envies ou à mon usage: un jardin d’herbes pour la cuisine et les tisanes, un espace qu’on ne fait que traverser, planté d’arbustes odorants, un tapis de fleurs bleues à voir de ma chambre, une trouée dans une haie pour apercevoir l’horizon au loin…c’est un lieu de vie, pas une oeuvre d’art, n ne peut pas vivre dans une oeuvre d’art, surtout la siennes… »Marinette CUECO par elle même.

Un détour par la galerie des petits carreaux vous fera découvrir une série d’ardoises posées ou dressées, marquées par le végétal; cette délicate intervention de tressage, de pliage et de tressage est tendre comme le langage de Marinette Cueco avec la nature: son langage naturel. Un herbier de sa vie et de ses outils végétaux aux formes et textures variées, légères et denses « comme une carte imaginaire mais vraisemblable »(Itzhak Goldberg)

ARDOISES ET ENTRELACS Jusqu’au 13 octobre 2019 Galerie des Petits Carreaux à St Briac – http://www.galeriedespetitscarreaux.com

Les cabinets de curiosités: un intérêt renouvelé au Fonds Hélène et Edouard Leclerc à Landerneau

Domenico Remps, Scarabattolo, 1690, huile sur toile, 99,5x 137 cm MUSEO dell’Opificio d’elle Piètre Dure, Florence

Voici une exposition qui offre une place de choix aux Cabinets de Curiosités, réveillés à la fin du siècle dernier, en laissant de côté l’accrochage white cube pour présenter des objets les plus divers pour inciter les échanges et dialogues entre les oeuvres, entre les époques. A Landerneau, pour le Fonds Hélène et Edouard Leclerc, Laurent Le Bon a été le maître d’oeuvre de ce parcours multiple en seize salles dont le premier tableau de la première salle,celui de Domenico Remps, représente un cabinet, le meuble à l’origine de ce type d’amoncellement.

Chaque salle est consacrée à une collection qu’elle soit celle d’une institution: Musée de la Chasse et de la Nature, du Musée des Arts et traditions populaires, le Muséum d’Histoire Naturelle, d’un artiste: François Curiel, Miguel Barcelo, Jean-Jacques Lebel ou d’un collectionneur privé: Emile Hermès, Antoine de Galbert…

Grande horloge figurant à automate – Mémento Mori – Enseigne de notaire

Dessin de parapluie – Akoto Kwame (Almighty God dit) – Erro, Extraits de grimaces.

M. Oppenheim, L’écureuil (1969) – Mathieu Mercier (2019)- Miguel Barcelo

Dans chaque salle Laurent Le Bon a réussi le tour de force de réunir dans un même espace un nombre considérable d’objets susceptibles d’être en même temps vus séparément et ensemble, comme en surimpression (Catherine Francblin) et les artistes contemporains, comme Théo Mercier, ont été invités à se faufiler parmi les objets en se prêtant à l’exercice avec virtuosité et ironie.

Fonds pour la Culture Hélène & Edouard Leclerc, aux Capucins 29800 Landerneau jusqu’au 3 novembre 2019 : https://www.fonds-culturel-leclerc.fr/

Cédric Martigny et l’Art au fil de la Rance

Cédric Martigny, Photographies sur panneau de vinyle polymère dans le verger de la Médiathèque de Plouër-sur-Rance

Le projet artistique de la 7ème édition de l’Art au fil de la Rance s’est développé avec l’artiste Cédric Martigny par la rencontre avec les habitants de Plouër-sur-Rance et de leur mémoire collective: « Notre monde semble lesté par de multiples pensées anxiogènes liées aux difficultés économiques, à la dilution de liens sociaux, à un avenir perçu avec plus de difficulté que le présent ou le passé; en même temps sont perceptibles une quête pour retrouver ses racines locales, un besoin de tisser un nouveau lien avec la nature, une revendication pour plus de solidarité collective. »Hélène de Ségogne, présidente de l’Art au fil de la Rance.

L’artiste a répondu à la question :  « Qu’est ce qui nous relie ? »par des grandes mises en scènes photographiques sur aluminium dans un champ jouxtant la médiathèque de Plouër-sur-Rance .

Le principe pour Cédric Martigny a été de proposer à un habitant de la commune de réfléchir sur la place du don dans sa vie, puis de choisir une situation impliquant d’autres personnes où elle rend, d’une autre manière ce qu’elle avait elle même reçu.

Cédric Martigny, Lundi culturel:partage de connaissances entre connaissances, photographie sur panneau de vinyle polymère, 2019

Chaque situation est unique. Ses photographies sont, comme des arrêts sur image. Un temps coloré, un halo de lumière sur une situation suggérée par l’un ou l’autre. Ce sont des sortes d’écran de TV sur fond de nature, des hommes, des femmes et des enfants offrant un focus sur des situations d’échanges que ce soit au Club de marche nordique du Val de Rance, à l’A.M.A.P de Plouër-sur-Rance, dans une classe de CE2 pour l’apprentissage de la bicyclette, avec une grand-mère et sa petite fille, au troc de vestiaire des Plouër’s Friends… de « valoriser les gestes de transmission ».

Cédric Martigny, Delphine, Nina et Enzo, photographie sur panneau de vinyle polymère, 2019

L’artiste: https://www.cedricmartigny.com http://www.artaufildelarance.com/martigny.html

L’Association L’art au fil de la Rance: http://artaufildelarance.com

Point de vue d’un amateur, du Domaine de Kerguéhennec aux Fonds Hélène et Edouard Leclerc.

Comme tous les ans j’ai passé quelques journées de promenades artistiques dans le Finistère et le Morbihan entre le Domaine Kerguéhennec , l’Art dans les chapelles autour de Pontivy, la Fondation Leclerc à Landerneau et l’Ecole des filles à Huelgoat.

Après de si belles années, je qualifierais volontiers la présentation actuelle de Kerguénnec de « trou d’air » !

L’exposition Flora Maxima , qui occupe les belles salles des anciennes écuries ,est d’un niveau bien faible dans l’ensemble. A l’image de cette présentation constituée de feuilles d’herbier que l’artiste s’est contenté pour toute intervention, de parsemer de taches (savantes ?) d’aquarelle !

Quant à l’étage du château, lieu de belles découvertes par le passé, il est désormais consacré à un espace permanent TAL COAT. C’est un peu inquiétant pour l’avenir,  car voilà tout un espace désormais figé pour un artiste , breton certes,contemporain certes…. mais qui n’a rien d’un grand peintre !. L’option ancienne consistant à lui consacrer une salle renouvelable chaque année me semblait plus appropriée car elle laissait libres les autres pièces pour des présentations plus innovantes.

Peut être des considérations de restrictions budgétaires sont elles intervenues ?

Dans les Chapelles les restrictions se manifestent aussi par un nombre plus réduit de circuits.

Quand à la qualité, elle est toujours là , dans les chapelles où les artistes s’investissent et ne se contentent pas d’importer une de leurs œuvres plus ou moins en adéquation avec le lieu.

Parmi les réussites, j’ai apprécié : l’installation de Kacha Legrand à la Chapelle St Drédenno de St Gérand, bien en accord avec le lieu  – sortes de grandes toupies blanches pouvant évoquer le mouvement figé de derviches tourneurs ou des moulins à prière- l’installation psychédélique et colorée de François Pourtaud  en la Chapelle de Locmeltro en Guern, les beaux dessins au fusain de Marc Bauer dans la chapelle Ste Tréphime de Pontivy , la mise en formes colorées de la chapelle Saint Tugdual en Quistinic par Roxane Borujerdi et l’agencement de poutrelles rouge de Jean Luc Moulène en la Chapelle ND de la joie en St Thuriau.

Mais ,je n’ai pas tout vu et il y sans doute d’autres belles découvertes à faire !

Je note cependant que pas mal d’artistes se laissent tenter par un minimalisme qui, lorsqu’il devient par trop systématiquepeut , à la longue, s’apparenter à une certaine facilité !

Le site Web de l’Art dans les chapelles est par ailleurs bien fait et permet de compléter la visite par des commentaires écrits, et souvent , l’intervention orale personnelle des artistes.

J’ai poursuivi mon périple par la Fondation Leclerc à Landerneau pour voir les cabinets de curiosité

Là, l’intérêt de la visite se scinde naturellement entre les collections fourre- tout, où le visiteur se trouve face à une multitude d’objets divers accumulés selon une logique à laquelle il demeure étranger car elle est celle du collectionneur et de lui seul,  et les collections thématiques, plus abordables,parce que là le fil à suivre étant transparent , on peut s’attarder sur l’aspect artistique ou documentaire des documents ou objets exposés.

Parmi les réussites : la collection de sabliers de Jacques Attali accompagnée de citations sur le Temps bien choisies , celle de pièces anatomiques anciennes présentées par la faculté de médecine de Montpellier et celle d’Antoine de Galbert (ex la Maison Rouge de la Bastille) avec ses animaux naturalisés réinterprétés par des plasticiens.

Au plan formel , quelques difficultés pour le visiteur : objets difficilement identifiables (pas de numérotation) et cartouches correspondants le plus souvent plongés dans la pénombre, donc difficiles à lire.

En définitive, exposition intéressante qui mérite une visite. Mais , à quand le prochain peintre ou sculpteur ?…..

Enfin l’Ecole des filles à Huelgoat.

Remarquable réalisation de la galériste Françoise Livinec qui présente dans les anciennes salles de classe les peintres de sa galerie. C’est en majeure partie de la peinture abstraite,  avec une exception pour Ricardo Cavallo  (résident à St Jean du Doigt) dont plusieurs peintures figuratives aux couleurs fauves tapissent les murs d’une salle (photo).

L’ensemble de la présentation est d’une très bonne qualité avec des artistes connus (Dilasser, Le Groumellec…) et d’autres moins connus ( Mathieu Dorval…) ,souvent d’origine asiatiques, mais tous de bonne facture. Les prix sont affichés ,on peut acheter.

Voilà une excellente initiative qu’il faut encourager , d’autant que chaque fin de semaine de l’été des rencontres de qualité sont organisées. J’ai pu  pour ma part écouter avec grand plaisir une conférence de Mona Ozouf (La Composition Française).

Voilà quelques pistes pour guider les pas de nos amis amateurs d’art et de culture en ce mois d’aoùt 2019.

Michel Guidoni

Le voyage à Nantes vu par Alison Moss du Quotidien de l’art.

POLITIQUE CULTURELLE : 18 kilomètres d’art à Nantes

L’exposition itinérante attire plus de 650 000 visiteurs en quête de découvertes artistiques et touristiques.

Ils sont parsemés partout dans la ville : à la sortie de la gare, sur les toits ou les façades… L’un d’entre eux, perché en hauteur, fait même office de belvédère. Emblème de cette édition, le nid de Tadashi Kawamata symbolise à la fois les points de départ et d’arrivée : ceux des quelque 650 000 visiteurs qui suivent, chaque été, les 18 kilomètres de « fil vert » qui tracent l’itinéraire artistique de la ville. Depuis le lancement de la manifestation en 2012, la fréquentation touristique a augmenté de 80 %. Les visiteurs sont pour la plupart issus de la région du Grand Ouest ou de Paris, souvent de passage vers la mer. Mais aussi de pays limitrophes : l’Espagne, la Grande-Bretagne ou la Belgique. Si l’adhésion des Nantais s’avère plus difficile à quantifier, elle n’est plus à démontrer : « Il est impossible de mettre en place une manifestation comme celle-ci sans l’acceptation de la ville, puisque c’est de la ville même dont il est question », explique Jean Blaise. 

Un investissement rentable

Le projet est né à l’initiative de Jean-Marc Ayrault, alors maire, qui souhaitait créer une nouvelle économie de la ville via la culture. Au total, la structure du Voyage à Nantes, qui englobe plusieurs organismes (et prend donc en compte les frais de fonctionnement du château des ducs de Bretagne, du Mémorial de l’abolition de l’esclavage, d’une équipe de 300 personnes et des machines, entre autres) mobilise 30 millions d’euros. Trois millions sont consacrés à la mise en place de la manifestation. « Il y a eu un véritable tournant lorsque le château des ducs de Bretagne, fermé pendant 6 ans, a rouvert ses portes avec un grand musée d’histoire. S’en est suivie la création de plusieurs manifestations dans la région – dont la biennale Estuaires, sur la Loire – qui a témoigné de l’arrivée d’un nouveau public à Nantes. C’est à partir de ce constat-là que Jean-Marc Ayrault, souhaitant créer une nouvelle économie pour la ville, m’a demandé de créer Le Voyage à Nantes », se souvient Jean Blaise. L’investissement aura été rentable : selon des chiffres de l’INSEE et de l’AURAN (l’Agence urbaine de la ville), les retombées avoisinent les 55 millions d’euros pour juillet et août…

La ville, source d’inspiration 

« Nous repérons d’abord un lieu sur lequel nous avons envie de travailler ou de montrer, nous cherchons ensuite l’artiste qui sera susceptible de mieux l’interpréter », explique Jean Blaise à propos du mode de sélection des œuvres. L’espace public constitue donc le point de départ de la manifestation. Place Graslin, un gigantesque coucou, conçu par Malachi Farrell, Constantin Leu et Ludovic Nobileau, scande le passage du temps en offrant aux passants inavertis une série de performances loufoques. Rue des Échevins, la Roumaine Flora Moscovici a baigné une façade historique du XVe siècle d’une explosion de couleurs pastel dont les teintes s’érodent naturellement au fil du temps. Le plasticien Stéphane Vigny a, quant à lui, disposé 700 sculptures blanches sur la place Royale, un travail sur la notion de copie qui n’a pas manqué d’attirer des foules assoiffées de selfies… De belles découvertes sont également à faire au sein des musées et centres d’art : le Lieu Unique accueille notamment une exposition du photographe irlandais Richard Mosse (prix Pictet 2017). Ce dernier porte un regard impitoyable sur les conditions de vie dans les camps de réfugiés, qu’il a immortalisées à l’aide d’une caméra thermique, habituellement employée à des fins militaires. La Hab Galerie accueille les peintures sensibles de Claire Tabouret, qui a figé des silhouettes en pleine étreinte sur des voiles de bateau, en s’inspirant du recueil de poèmes If Only the Sea Could Sleep par Adonis.

Un vent de nouveauté ?

Un tel essor couronne le dynamisme dont fait l’objet la scène nantaise depuis maintenant un tiers de siècle : « En 1982, quand je suis arrivé à Nantes, il y avait encore très peu de designers. Aujourd’hui, la scène des graphistes et designers est florissante », note Jean Blaise. Car la manifestation offre également une plateforme aux artistes locaux : Pierrick Sorin, dont les cinémascopes délirants sont présentés dans plusieurs hôtels de la ville, ou le collectif d’architecture nantais Oxymore, actif pendant les années 1990 et 2000, à la galerie Loire. L’impact du Voyage à Nantes est toutefois plus visible à l’œil nu, en contemplant les œuvres pérennes qui essaiment la ville, comme les anneaux de Buren, disposés en enfilade le long du port, ou l’arbre de Mrzyk et Moriceau, dont la silhouette blanche perce le feuillage des arbustes.