Parcours de sculptures à Fougères

Une journée de septembre avec Philippe Hardy à Fougères, ce sont quelques heures de déambulation en compagnie d’un passionné d’art contemporain et d’amis curieux de sculptures. Une montée depuis le château offre un point de vue clair et vaste sur le paysage environnant.

Les premières oeuvres qui apparaissent sont celles de Philippe Desloubières, Vincent Mauger et Vincent Barré. Philippe Hardy, commissaire de « Place aux Arts » a organisé et réuni ces trois artistes pour l’exposition de l’été 2020 dans les jardins de la ville haute.

« L’esprit de cette exposition est de montrer ce qui se passe actuellement dans la sculpture contemporaine, et quel est le rôle des artistes dans cette réflexion »Philippe Hardy

Philippe Desloubières a installé ses grandes formes en métal rouge brillant, présences douces au monde végétal du Parc.

« Mes sculptures jonglent entre un univers artificiel, semblant issues du monde de la bande dessinée à un rapport au monde plus existentiel.
Elles touchent à l’identité, à l’espèce, au genre dans ce qu’ils ont de commun et de différent.

La forme naît d’abord sur le papier en deux dimensions de façon spontanée et intuitive, le volume ne prend corps qu’au moment de la fabrication et de l’élaboration de la sculpture.

La ligne courbe reste une des constantes dans l’évolution des formes, elle devient une sorte de fil souple mais tendu qui affirme des pleins, des vides mais aussi des frontières ondulées rompant l’espace.

Chaque sculpture est crée à la suite de l’autre, la réalisation de la première engage la forme de la suivante, comme des arrêts sur image dans l’ensemble d’un développement ».

Vincent Barré né en 1948 Anneau cannelé dedans, Anneau cannelé dehors (2009), Fonte d’aluminium – Colonne aluminium 3-4, (2010)- Couronne d’eau, Bronze à modèle perdu,( 2020)

« Une couronne d’eau en bronze est installée au centre du bassin classique. Forme légère, en arabesque, construite à partir des branches d’un figuier fondues en bronze. Le choix de cette essence, présentent dans la statuaire et la peinture classique et antique donne à l’œuvre un caractère à la fois sylvestre et sensuel. »

Vincent Mauger, né en 1976 est originaire de Fougères. Il a grandi tout près du jardin public et a été formé à l’école municipale d’arts plastiques de Fougères, où il a d’ailleurs exposé pour la première fois lorsqu’il avait vingt ans.

Vincent Mauger présente quatre œuvres, dont une « accrochée » aux remparts ouest du château et qui fait écho à celle présentée devant le kiosque à musique.

Il réalise de véritables jeux de construction (ici des caissettes en plastique) des morceaux de paysage en métal, en pierre, ou en plastique, qu’il mixe à des techniques d’imagerie virtuelle, avec des lignes géométriques, mathématiques.

« Ce qui m’intéresse c’est le rapport au dessin, explique Vincent Mauger le fait de tracer ces lignes sur le volume ça créé comme un dessin sur son pourtour, comme une modélisation, comme si on avait recouvert l’objet d’une sorte de maillage, un peu comme les maillages qu’on utilise en 3D sur une forme virtuelle. C’est un jeu à partir d’un objet réel. En même temps il y a le côté technique, technologique du maillage et ça renvoie aussi à des formes plus ancestrales de gravure directe sur pierre ».

Puis le groupe a poursuivi sa balade dans les rues de Fougères…

….pour se rendre rue des Trois -Marchands tout près des Urbanistes. Le sculpteur Marc Didou a répondu à une commande de la Ville en 2017 pour évoquer l’amour de Juliette Drouet et de Victor Hugo: « Ici mille baisers, Juliette Drouet »; la figure de l’actrice et femme de lettres apparaît par anamorphose sur l’étendard d’une plume plongée dans un encrier. Née en 1806, Juliette Drouet avait l’habitude d’achever ses nombreuses lettres à son illustre amant par ses quelques mots.

Dans le quartier des Cotterets, c’est le « Double banc public »(2019) de Lilian Bourgeat qui étonnera les Amis tout autant que les habitants de ce quartier de Fougères.

Pour l’artiste, l’espace public est le meilleur endroit pour l’art et ses objets au format de gigantesque. « Ce banc nécessite un effort pour s’asseoir. Mais il permet surtout de prendre de la hauteur de voir le quartier différemment. Il était dans l’écrin du Jardin public jusqu’à l’exposition 2020. Il a trouvé sa place ici et il va souffrir des épreuves, il va y avoir des tags, des inscriptions, il va vivre ».

Corinne Cossé-le Grand 

Instagram @amisdumuseejardinmanoli